Faire son sac à dos d’alpinisme

Le sac à dos

Faire son sac à dos d’alpinisme n’est pas chose facile.

Il faut déjà choisir le bon sac. Quel contenance ? Trop grand, trop petit ? Large, étroit, compact, avec des poches ?

Puis bien le remplir. Ni trop, ni trop peu. Tout le savoir faire est là, bien savoir faire son sac à dos d’alpinisme.

Avertissement : Cet article est issu de la pratique et des habitudes de Guillaume, guide Alpes Aventure. Ces habitudes peuvent changer….et elles ne sont pas paroles d’évangile. Vous devez vous en inspirer, et d’autres guides ou accompagnateurs (certains conseils ici présents sont adaptables à la randonnée) vous donneront sans doute des astuces différentes, dans l’équipe Alpes Aventure ou non d’ailleurs.

Vidéo sac à dos d’alpinisme

Vous trouverez en bas de page à l’issue de cet article une vidéo récapitulative sur le remplissage du sac à dos. Un long discours explicatif est indispensable, mais de bonnes images sont aussi bien utiles en complément. C’est pour cela que vous trouverez pour presque chaque paragraphe un récapitulatif en photos, également.

Un sac à dos pour quelle courses en montagne ?

Cet article parle du sac à dos et de son contenu pour une course en montagne classique, sur des sommets de 4000 mètres au plus (Dôme des Ecrins, Mont Viso). Idéalement des courses classiques comme la Grande Ruine, la Roche Faurio, le Tour de l’Ailefroide, Chamonix Zermatt. La haute altitude (dans les Alpes) avec le Mont Rose et le Mont Blanc par exemple, sont traités dans un autre article. (à venir).

Choix du Sac à dos d’Alpinisme

Tout d’abord, qu’est ce qu’un sac à dos d’alpinisme ?

Un sac sobre et simple

Un sac à dos d’alpinisme est un sac simple, sobre, sans artifice, plutôt étroit. Il doit comporter un ou deux porte piolets, des sangles de compression sur le coté pour en diminuer la contenance et ainsi pouvoir le garder prêt du dos lorsqu’il est moins remplit. Ces sangles peuvent également servir de porte ski pour l’hiver.
Un sac à dos d’alpinisme ne comporte pas de poches latérales. Les poches latérales gênent les mouvements, écartent le centre de gravité vers l’extérieur, et s’accrochent dans les passages techniques, au rocher principalement. En fait un sac à dos d’alpinisme est exactement l’opposé d’un sac à dos de voyage ou de randonnée.

Un sac à dos d’alpinisme pour une sortie à la journée fait 25 à 30 litres. Par exemple l’arête des Cosmiques, Le Breithorn de Zermatt, le Râteau sommet Ouest à La Grave, le Dôme de la Lauze ou le Pic de La Grave. Ou de la cascade de glace.

Un sac à dos pour une ou deux courses en montagne avec donc une ou deux nuits en refuge fait 30 à 35 litres. Par exemple pour un séjour Grand Paradis, Mont Rose, Dôme de Neige des Ecrins, Roche Faurio EcrinsBarre des Ecrins, Meije, Mont Viso, et bien sûr le Mont Blanc.

Un sac à dos d’alpinisme pour une traversée de 4 à 7 jours, comme le Tour de l’Ailefroide et du Pelvoux, mais aussi Chamonix Zermatt, fait 35 à 40 litres. En faisant des efforts un sac de 30 à 35 litres fait l’affaire.

Et pas plus.

Photos Sac à dos

Et que mettre dans son sac à dos d’alpinisme ?

30 litres, cela peut vous paraitre peu. En volume.

Il faut savoir que le matériel d’alpinisme est lourd. A volume égal, ce que vous portez en randonnée, comme des vêtements de rechange, va être remplacé par des crampons, un piolet, des mousquetons : en bref, du métal. Le métal, c’est du lourd !

Donc il faut se limiter. Et 30 litres c’est beaucoup. En poids de charge potentiel !

Les refuges de haute montagne sont souvent dépourvus de douche. Donc peu d’affaires de toilette à transporter.

En haute montagne on gère son inconfort, et non pas son confort. Il faut être prêt à accepter certains sacrifices, accepter la frustration. Gagner un kilo sur le dos pendant 7 heures vaut bien le sacrifice d’un tee shirt supplémentaire et d’une serviette de toilette.

Si vous prenez des affaires pour 7 jours, pensez que la serviette de toilette peut être petite, et que vous pouvez laver vos vêtements en cours de raid (les sous vêtements en laine font merveille).

Le matériel technique

L’essentiel

En alpinisme il va falloir pouvoir faire face à pas mal d’imprévus, mais il va falloir gérer également une certaine frugalité car on ne pas trainer avec soi un magasin entier. Il est question ici du matériel de base, et je ne traiterai pas de matériel pour gravir une face glaciaire ou une escalade, même facile. Nous sommes ici dans le cadre d’un alpinisme « de base » avec pour but l’ascension d’un sommet tout à fait classique, comme le Dome de Neige des Ecrins ou la Roche Faurio par exemple.

Il faut vraiment réfléchir au minimum sécuritaire en adéquation avec la course envisagée, et savoir que le sac est bien fait lorsque l’on ne pleut plus rien enlever et non pas quand on ne peut plus rien ajouter !

Liste de matériel pour course glaciaire facile

Voici donc une liste qui peut servir d’exemple et de base, pour une ascension ou une traversée sans difficulté technique, de niveau F à PD (certaines courses de niveau PD demandent de prendre du matériel déjà plus évolué, comme deux ou trois anneaux supplémentaires, une ou deux broches à glace en plus, quelques coiffeurs ou deux / trois coiffeurs à cames, un appareil d’azurage et de descente en rappel type Air Force 3) :

-Sac à dos. 30 à 40 litres, avec un porte piolet. Voir l’article au sujet du porte piolet.
-Corde. En alpinisme j’aime la corde Beal Opéra 8,5mm en Golden Dry, 50 mètres, dans la gamme mountain line. Pour le Mont Blanc j’utilise plus court, 30 mètres.
-Piolet. Pas trop long, j’utilise un piolet de 45 à 50 cm, je mesure 1m72.
-Batons de marche. Compense le piolet court, à utiliser dans des pentes modestes.
-Crampons. J’utilise des crampons « semi-automatiques ».
-Harnais. Un bon harnais pour l’alpinisme classique et les traversées glaciaires, le Snow Guide Beal. Une longe Dynaclip 50 cm avec un pinch et un mousqueton Be Link à vis. Une longe doit être dynamique et donc en corde dynamique et non pas en sangle type dyneema statique qui casse quand elle subit un choc.
-2 broches à glace avec deux dégaines légères type Pulp.
-1 crochet abalakov.
-1 poulie bloqueur et 1 bloqueur avec deux mousquetons à vis symétrique, par exemple, Le Twin O.
-1 anneau long 2 m 40 pour constituer un ancrage fiable autour d’un bec rocheux, ou le corps mort autour des skis, anneau dyneema 240, avec un mousqueton de sécurité Be Link à vis.
-1 cordelette 5 mètres pour mouflage double.
-1 cordelette Jammy 60 cm pour auto bloquant.
-1 mousqueton pour assurer au demi-cabestan, ou faire un rappel de fortune, comme le Be Safe. Si je suis sur de devoir faire un rappel raide et long j’utilise le Air Force 3, que je peux aussi utiliser pour assurer une ou deux personnes en second. Avec un mousqueton Be One Screw pour connecter l’Air Force 3 et un mousqueton Be Safe pour bloquer.
-Casque Atlantis Beal.

Photos du matériel technique

Les vêtements

C’est un des points les plus délicats.

En montagne, nous adoptons une tactique dite en « pelures d’oignons ». C’est à dire que nous superposons de nombreuses couches de faible épaisseur, cela permet de réguler la température. Oubliez donc les pantalons de ski doublés, les grosses fourrures polaires très chaudes et les anoraks doublés avec un tee shirt dessous.

Votre tête

Un bonnet classique c’est sympa, mais souvent trop épais sous un casque. Je préfère un petit bonnet collant adapté type bonnet de trail ou de ski de fond qui serre bien la tête sans plis, et qui permet donc d’être porté sous un casque. En complément un tour du cou est agréable les jours de vent.
Une paire de lunettes de soleil catégorie 3 est suffisant si vous n’allez pas trop haut en altitude. Catégorie 4 sera mieux au dessus de 400 mètres. Il faut savoir que les catégories n’indiquent pas un indice de protection mais une teinte : 4 c’est très foncé donc plus confortable pour l’oeil, mais les ombres seront bouchées (et notamment le fond de votre sac à dos). Il est interdit de conduire un véhicule avec des catégories 4 par exemple.
En complément je prends des lunettes type cyclisme, légères, jaunes, pour les jours de brouillard afin d’être protégé des UV sans pour autant être dans le noir complet à cause de la catégorie 3 ou 4.
Sur un haut sommet, je prends aussi un masque de ski pas trop clair en été, plutôt clair en hiver, pour les jours de grand vent.

Et le soleil  ? Je ne quitte pas mon petit chapeau noir en lin/coton, mais vous pouvez prendre une casquette. Votre couvre chef doit bien tenir en cas de vent fort. C’est une bonne protection contre le soleil, vous êtes à l’ombre !

Votre corps

Couche de base

Un tee shirt de base en laine mérinos, manches courtes. Un tee shirt manches longues de même épaisseur, en laine mérinos. Epaisseur Mérino 150 / 200.
Cela permet de se changer au sommet si on a transpiré, d’avoir une seconde couche si il fait froid, et de pouvoir laver l’un des deux vêtement au refuge si on a trop sué. De l’eau froide et du savon de toilette classique que l’on trouve le plus souvent dans les refuges font l’affaire. Système D. Au dessus d’un poêle, au vent ou au soleil, en deux heures c’est sec.
Par ailleurs, sur la neige ou sur un glacier, même quand il fait très chaud, il faut porter des manches longues pour se protéger du soleil et du frottement d cela neige trés abrasif en cas de chute / glisse. le te shirt mérinos manches longues est fait aussi pour cela !

Couche intermédiaire

Au dessus il est possible de mettre une polaire type R1 patagonia, j’aime bien les capuches (modèles dits « hoody », mais c’est tout à fait personnel. Si il fait froid je porte une R3 patagonia à la place.

Dernière couche

En complément une veste soft shell légère mais coupe vent, donc, est pratique, cela sera ma dernière couche par conditions clémentes.

Si il fait vraiment chaud je fais un choix entre polaire et soft shell, j’en laisse une à la maison.

Isolation thermique supérieure

Si il fait vraiment plus froid je prends un micro doudoune sans manches, ou une micro doudoune avec manches type patagonia Nano Air Hoody. Ce n’est pas systématique.

Protection « dure » hard shell

Et en dernière couche une veste hard shell légère Type Patagonia M10. Si il est prévu de fortes pluies ou du grand vent avec de la neige je prends une veste hard shell plus conséquente. La veste hard shell que l’on appelle souvent « gore tex » reste souvent dans le sac à dos. Malgré toutes les annonces faites à leur sujet, les vestes hard shell sont peu respirantes et je me trouve bien plus à l’aise avec des vêtements légers et respirants tant qu’il n’y a pas de précipitations ou de vent fort.

Et aussi un parapluie pour la montée en refuge !

note : je n’ai pas d’actions chez patagonia, j »aime bien ces vêtements et ils sont donnés ici à titre d’exemple. vous trouvez chez chaque fabricant les équivalents aux vêtements décrits ici.

Les gants

Un sujet vaste !
Sur des courses classiques je prends des gants légers, type gants en cuir de travaux courant en magasin de bricolage, non fourrés, ou des gants de skis de fond un peu épais, ou des gants en polaire. Mais ces gants légers doivent toujours avoir une paume en cuir ou assimilé qui adhère pour que la main ne glisse pas sur les bâtons ou le piolet? C’est très important. Il faut également savoir que sur la neige ou sur un glacier, il faut toujours porter des gants pour la protection. Il est donc capital d’avoir des gants pas trop chaud pour les porter même à la mi journée quand le soleil tape fort.
Je complète par des gants plus chauds, ou des gants « trois doigts », que je renforce avec en fond de sac par des petites surmoules légères.

Vos jambes

Un pantalon de toile plus ou moins stretch (élastique) est idéal. de nombreuses marques proposent ce genre de concept. J’aime bien le simul alpine pants de Patagonia.

Si le temps est annoncé particulièrement venté, je complète avec un corsaire en mérinos 200. Le collant n’a pas besoin d’être long, il doit arriver sous le genou au niveau des chaussettes qui elles, sont épaisses. Je le laisse souvent dans le sac, est donc un corsaire est plus léger et moins volumineux. Et pour finir avec le dessous j’aime les boxers mérinos, chauds et confortables, que vous lavez rapidement si vous partez plusieurs jours, en portant le corsaire pendant qu’il sèche ! Système « D » encore, et légèreté avant tout.

Les chaussettes doivent être chaudes, un peu épaisses elles donnent du confort, et elle doivent monter jusque sous le genou pour vous tenir bien chaud.

Les guetres sont utiles, dés que la neige est molle, aprés un chute de neige fraiche ou en cas de grosses chaleurs. Si la neige est bien tassée des stop tout seront suffisant. Les guerres intégrées aux pantalons ne sont pas suffisantes l’été.

La couleur de vos vêtements

Choisissez des vêtements colorés ! Vous serez plus jolis sur les photos et sur les vidéos, et vous serez plus facilement repérables en cas de détresse. Ne cherchez pas à vous camoufler.

On ne va pas en montagne comme à un enterrement, c’est une fête et les habits doivent être couleur de fête !

Récapitulatif vêtements

-Tee Shirt manches courtes.
-Tee Shirt manches longues.
-Polaire légère ou plus chaude selon conditions.
-Soft Shell en complément.
-Doudoune sans manches ou complète avec capuche si il fait froid.
-Coupe vent hard shell « gore-tex ».
-Bonnet.
-Tour de cou.
-Gants fins, gants chauds, éventuellement surmoules légères.
-Pantalon d’alpinisme.
-Eventuellement corsaire mérino 200.
-Chaussettes chaudes et montantes.
-Guetres ou stop-Tout.
-Lunettes de soleil une paire minimum.
-Masque de ski en altitude.

Vous trouverez un récapitulatif en fin de vidéo accessible en bas de cette page.

 

Le confort au refuge

C’est souvent sur ce point que vous chargez trop le sac. Quand je pars pour deux nuits en refuge je porte :

-Drap Sac pour la nuit.
-Brosse à dents et dentifrice en mini tube que je recharge avant chaque course.
-Déodorant en stick étroit.

Si je sais que je vais trouver une douche, une serviette de petite taille 40×40 cm et peu épaisse. Sinon c’est toilette de chat avec les mains, avec le savon local.

alpes aventure esprit parc national toilette de chat

Si il ya une douche, on trouve le plus souvent du savon sur place au refuge dans les sanitaires.

Pour recharger mon téléphone, je prends le petit chargeur à brancher au 220 V et le cordon USB pour le téléphone. Si nous sommes plusieurs à avoir le même téléphone, un seul cordon pour tous ! Et le chargeur sert également pour mon GPS, qui a juste un cordon différent.

Coté lecture je trouve en refuge de la littérature, sinon je fais la sieste ou je discute avec les participants au séjour, je fais des ateliers pédagogie Beal Expérience Camp….

Manger et boire en haute montagne

Le Pique Nique

En refuge le plus souvent nous aurons un pique nique pendant un séjour Alpes Aventure. plus ou moins élaboré, plus ou moins copieux, cela dépends…du refuge et des envies des participants. Nous mangeons régulièrement et il n’y a pas de grosse pause de 1 heure dédiée au pique nique en alpinisme, sauf conditions ou lieu particulier. Par exemple un sandwich pourra être mangé en trois fois au gré des pauses techniques : s’encorder, mettre ou enlever les crampons.

Les guides Alpes Aventure font classiquement des pauses espacées de 45 minutes à 1 heure 15, selon la configuration du lieu, les opportunités (le soleil se lèvent et c’est le moment es photos). Il faut savoir parfois marcher 10 minutes de plus dans un leger inconfort pour se poser à un endroit plat et confortable, avec une vue dégagée ou à l’abri du vent.

Vivres de Course

En complément du pique nique (classiquement un sandwich, un peu de fromage, un fruit), il est important pour vous de prévoir des vivres de course. Ce sont des barres énergétiques type ovomaltine, isostar, et quelques fruits secs. Vous en aurez toujours une ou deux accessibles rapidement, dans une poche de vêtement. Vous pouvez également prendre un petit tube de gel de sportif (cyclisme) en cas de coup dur. Attention ces gels ne sont pas aliment de base, vous ne devez pas systématiser les utilisation.

Boisson en alpinisme

Coté boisson, si il fait froid rien ne vaut le thé chaud et sucré; idéalement au miel. Il faut donc porter une bouteille thermos, en aluminium, solide et efficace. Alpes Aventure vous prête un thermos de qualité 0,75 litres sur demande formulée lors de votre inscription.
Si la météo est clémente, de l’eau simple suffit. Je porte 1,25 litres d’eau habituellement, en deux bouteilles type bidon de vélo, 0,5 et 0,75 L. Je porte une ceinture « trail » ou « ski de fond » porte gourde avec une petite poche dans laquelle je mets une barre énergétique, le stick à lèvres et la crème solaire, et qui faire porte gourde pour le bidon 0,75 litres. Le demi litre est dans le sac et sert à la recharge.
Vous pouvez aussi avoir une pipette pour boire en marchant, mais l’embout gèle plus facilement t il arrive parfois d’avoir de mauvaises surprises. Si vous optez pour la pipette, choisissez une pipette de bonne qualité.

Bien sur ces conseils s’adressent à des alpinistes qui font des courses classiques et faciles? dés que vous grimpez dans des passages techniques, en glace ou en rocher, il est préférable de se libérer et de mettre sa boissons dans le sac, sans porte gourde ou sans pipette qui dépasse.

Photos boisson

Video : le Sac à dos d’alpinisme en images

ATTENTION : L’utilisation de matériel, de techniques d’escalade et d’alpinisme, demande des connaissances techniques et un apprentissage poussé avant utilisation. Vous utilisez ce matériel sous votre entière responsabilité.

 

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