Encadrement :
Guillaume, François
Participants :
- Cedric
- Laurent
- Sylvain
Massif :
Mont Blanc
Dimanche, 6 septembre 2026
Nous nous retrouvons au magasin Sanglard puis nous nous déplaçons à l’hotel Arveyron où nous nous installons pour la nuit.
Dans la pelouse du jardin de l’hotel c’est aussi avant le bon repas le moment de distribuer le matériel technique, faire un briefing pour les trois jours à venir, et faire le point sur le sac à dos : il faut privilégier la légèreté !
Une bonne nuit là-dessus et nous serons prêts pour débuter cette belle semaine.
Lundi, 7 septembre 2026
Ce matin le temps est mitigé mais il ne pleut pas. Nous montons vers le refuge Albert 1°, pour faire une école de glace sur le Glacier du Tour.
Après le pique-nique, nous prenons pas sur le glacier du Tour, pour tester les crampons, l’encordement, le maniement du piolet, la marche encordée, et toutes les techniques de cramponnage.
Le temps se maintient bien, ce qui nous permet d’être studieux et efficaces. Il est important de bien assimiler cette première journée qui est une journée "école", qui prépare les applications des journées à venir.
Nous terminons en sortant du glacier du Tour par une évolution dans les rochers qui sera aussi importante pour la suite. En effet nous prévoyons des ascensions avec du rocher, et il ya 600 mètres de rocher entre les refuges de Tête Rousse et du Gouter.
Nous arrivons au refuge et rapidement il se met à pleuvoir ! Bon timing. Le soleil revient au moment du repas offrant de magnifiques éclairages sur le Glacier du tour. Belle récompense avant une nuit courte.
Mardi, 8 septembre 2026
Nous partons de nuit ce matin. Les conditions de fin de saison ne permettent pas de passer par le Signal Reilly et nous descendons sur le Glacier du Tour pour prendre le passage de début de saison. C’est tout en glace, c’est plein de crevasses, c’est exigeant et cela demande du temps, plus que lorsque le glacier est couvert de neige. Il faut être sûrs de sa technique de cramponnage, et la journée d’hier se justifie !
Nous allons à la Petite Fourche. Tout est en glace et nous ne passerons à la montée que 20 minutes sur de la vieille neige, tout le reste se fait sur de la glace vive. C’est le résultat d’un été beau, sec et chaud, très chaud, trop chaud.
La pente finale de la Petite Fourche est presque intégralement sèche, et nous passons par les rochers pour nous dresser au sommet en plein ciel : fantastique !
Nous allons maintenant passer coté suisse, en suivant l’arête nord-ouest de la Tête Blanche, rocheuse, trés bon pour continuer à se perfectionner en évolution rocheuse en alpinisme.
Nous traversons le glacier de Trient en Suisse pour rejoindre la Cabane de Trient. Nous en profitons pour prendre une trace GPS dans le labyrinthe de crevasses, car demain nous passerons peut-etre de nuit dans cette zone, avec une météo qui s’annonce incertaine.
Au refuge le rösti suisse s’impose, plat typiquement local ! Avant une bonne sieste pour récupérer de la nuit passée !
Petite Fourche, 3520 m, Massif du Mont Blanc, Mixte, F.
Mercredi, 9 septembre 2026
Ce matin, nous nous levons à 4 heures pour profiter d’une éventuelle accalmie dans les précipitations annoncées. Il devrait y avoir un créneau en fin de nuit. Las ! Il pleut....
Nous prenons le petit déjeuner et patientons. Patience, patience....Vers 5 heures nous partons, dans un début d’accalmie. La bruine est encore présente mais nous tentons.
Sur le glacier cela se calme, il ya même par moment quelques étoiles dans la nuit. Le jour se lève doucement, une aube blafarde.
Le plafond se situe juste au-dessus du col du tour. Pas question d’aller à l’Aiguille du Tour aujourd’hui, il faut passer avant que cela ne se gate trop.
Au Col du tour le plafond baisse, dans la descente des rochers quelques flocons nous entourent. Coté français sur le glacier cela se calme et nous offre le créneau qui dure, juste ce qu’il faut : nous descendons le glacier au sec et avec de la visibilité.
A la moraine du Glacier du Tour, sous le refuge Albert 1°0, la pluie ,out rejoint, douce puis forte et finalement battante ; pas de soucis nous sommes sortis des difficultés, nous finirons simplement bien trempés...
Une petite douche à l’hotel Arveyron, un repas chaud à la crémerie du Moulin, et tout est oublié.
Demain le temps s’améliore doucement selon les prévisions, tout le monde est en forme, techniquement au point, nous monterons au refuge de Tête Rousse !
Et bravo à l’équipe d’avoir su se glisser dans ce petit créneau pour passer d’un coté à l’autre de la montagne !
Col du Tour, 3280 m, Massif du Mont Blanc, Neige, F.
Jeudi, 10 septembre 2026
Nous retrouvons ce matin François qui sera le second guide avec nous pour l’ascension du Mont Blanc. Au Payet nous attendons le tramway du Mont Blanc sous une Echappe de nuages épais, ce n’est pas trés gai.
Le train nous emmène au terminus, le Nid d’Aigle, et surprise nous sortons du brouillard Au niveau de la gare d’arrivée : quelle organisation ! Au-dessus le soleil règne en maitre sur un fond de ciel bleu azur.
Nous montons tranquillement au refuge de Tete Rousse avec une pause pique-nique un peu après la cabane des Rognes.
Au refuge le soleil se voile un peu mais rien de méchant, nous partons pour la sieste.
Au réveil en fin d’après-midi l’ambiance n’est plus la même : une chute de pierre à causé un décès dans la traversée du tristement célèbre couloir du Gouter. Il y a eu un secours avec helico, et les mines ne sont pas réjouies au refuge de Tete Rousse. L’évènement s’est déroulé en direct pour ceux qui étaient en terrasse au soleil à l’extérieur du refuge.
Nous faisons un petit tour des motivations, Sylvain prends les devants en annonçant qu’il ne désire pas poursuivre l’ascension : il descendra demain avec un autre guide, car de nombreux personnes prennent la même décision. Cedric et Laurent continuent l’aventure. Chacun est libre de son choix, l’accident s’est déroulé dans le milieu d’après-midi et demain matin à l’aube, même si le danger est toujours présent, il sera bien moindre. C’est un risque qu’il faut accepter, dans le doute il ne faut pas y aller : la décision de Sylvain est la bonne décision pour lui car c’est sa décision, prise au coeur de lui-même sans influence. Libre arbitre, la montagne permet encore de prendre des décisions en liberté.
Vendredi, 11 septembre 2026
Petit déjeuner à 5 heures 30, tard, c’est le mois de septembre, le jour vient tard. Nous ne traversons pas le couloir du Gouter de nuit, il faut attendre le petit jour. Ce matin tout est calme, pas d’activité dans le couloir, même si le stress est toujours là.
La montée au refuge du Gouter est toujours un morceau de bravoure, 600 metres de rocher dans lesquels il faut parfois grimper. Le Mont Blanc c’est aussi du rocher !
Les deux cordées vont bon train, en deux heures à peine nous sommes au refuge du Gouter.
petit stop au refuge du Gouter pour manger, boire au chaud, remplir les thermos de thé chaud pour l’ascension finale. Nous y passons presque une heure ; aujourd’hui il ne faut pas se presser, un voile nuageux épais couvre le Mont Blanc et il doit se dissiper au fil des heures.
Nous partons pour la montée de la face ouest du Dôme du Gouter, qu’il faut prendre calmement, sans pause ou presque, mais à petite vitesse pour garder de l’énergie pour la fin.
Au Dôme du Gouter le soleil semble arriver, les nuages se dissipent lentement, la vue est magnifique !
Après la petite descente au Col du Dôme un raidillon conduit au refuge Vallot. Ici commence l’arête des Bosses. les soleil règne enfin en maitre, les nuages d’altitude se sont dissipés. La première bosse est la plus longue, la plus raide. La seconde se digère facilement. Vient ensuite le passage en face nord qui permet d’éviter la mauvaise arête. Ce passage est bien tracé, avec des marches hautes cependant, et une pente raide et impressionnante. Le mental commence à avoir vraiment de l’importance ! Chaque pas compte et coute beaucoup ! Voici la crevasse, les rochers de la Tournette, le sommet se rapproche. Arrive l’arête finale, si belle, si longue, si dure, et enfin le sommet ! Mont Blanc !
Nous y restons un moment pour profiter mais il faut bien redescendre, penser à rentrer et quitter ce lieu que l’on a tant désiré.
Il faut rester très concentré pour cette descente, jusqu’à Vallot il ne faut surtout pas s’emmener les pinceaux. la suite est moins raide, moins engageante, mais il faut encore de l’énergie pour remonter au Dôme du Gouter, et descendre jusqu’au refuge du Gouter.
C’est alors le relâchement, nous y sommes, repos, et coucher de soleil !
Mont Blanc, 4810 m, Massif du Mont Blanc, Neige et Rocher, PD-.
Samedi, 12 septembre 2026
Le Mont Blanc ne sera terminé que lorsque nous serons au train du Nid d’Aigle. Le petit déjeuner avalé, il faut se replonger dans la descente d e’Aiguille du Gouter, ses rochers enneigés dans le haut qui demandent de garder les crampons.
Le grand couloir est traversé, nous ne nous arrêtons pas au refuge de Tête Rousse, nous filons au train et nous arrivons tout juste à attraper celui de 11:13 : assis dans le TMB, nous filons doucement vers Saint Gervais - Le Fayet.
Nous terminons ces séjour par un bon repas à la Pause, au Payet, retrouvons déjà en souvenir les bons moments, les moments difficile, et savourons la réussite.
Bravo Cedric qui revenait après un échec météo il y a deux ans, Bravo à Laurent, Bravo à Sylvain pour la clarté de sa décision qui a été limpide pour lui, évidente.
Toutes les photos en haute définition :
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