La Liste de Courses d’un alpiniste : le fil de la vie
La liste de courses pour un alpiniste, ou un grimpeur (quelqu’un qui fait de l’escalade) ce n’est pas un papier griffonné avec les choses qu’il faut aller acheter à l’épicerie du village avant de partir en montagne.
Qu’est ce que la liste de courses d’un alpiniste ? C’est un souhait, une sorte d’énumération de ses rêves de montagnes, d’escalade, avec des voies précises ou leurs variantes. C’est une vie de rêve, le rêve d’une vie.
La Liste de courses d’un alpiniste ne doit pas être un tunnel réducteur, mais c’est un fil conducteur. Il ne faut pas perdre le fil !
Il s’agit de réfléchir au pourquoi vous allez en montagne. Et trouver les sommets, les arêtes, les faces qui parlent à votre passion. Car chaque montagnard est une personnalité bien précise qui peu à peu voit ses aspirations se construire en fonction de son vécu et de sa personnalité. Une liste de courses ne doit pas vous enfermer dans une énumération sans âme qui serait dictée par une mode ou des convenances. La liste de course, c’est vous ; avec vos ambitions, vos rêves inaccessibles (il y en aura peut-être), peut-etre une progression, peut-être pas. Comme un fil d’Ariane qui tisse votre vie avec une logique qui vous est propre.
Une liste de courses d’alpinistes, ce sont des souvenirs que l’on construit pas à pas, comme on construit son foyer ; une liste dans laquelle on se sent bien et qui déroule votre vie au fil de ses aventures, et qui dont va évoluer avec elle-même et avec vous.
Car là est bien aussi le risque, d’établir une liste avec un objectif final de niveau ou d’altitude qui soit un aboutissement sans suite, dont la suite n’est jamais envisagée ; une fois réalisé, le projet accomplit peu laisser la place à un grand vide, bien plus sidéral que celui qui vous avez l’habitude de voir sous vos pieds en grimpant. Une liste de course c’est une courbe d’esthète qui conduit quelque part et éventuellement prépare la sortie. Mais elle ne vous emmène pas au bord de la falaise. Elle vous conduit vers un ailleurs enrichissant, à vous de construire cet ailleurs.
Une liste de course, cela peut donc être un projet, puis cela devient un chemin parcouru.
Une liste de course d’aspirant-guide, par exemple, est un choix de course que le candidat au diplôme va construire pour la présenter à l’examen lorsqu’il les aura réalisées. C’est le sésame qui permet de rentrer dans la "grande école" des guides, l’Ecole Nationale de Ski et l’Alpinisme, ou Ecole Nationale des Sports de montagne, à Chamonix. C’est la seule école en France pour devenir guide de haute montagne et pour y rentrer il faut attester d’un niveau, par le biais de la réalisation d’une liste de courses de niveau élevé, préalable. Voici un bel exemple de liste de course qui va ouvrir un horizon ! Tout d’abord, on projette, puis on réalise, on construit, et on y habite. C’est une base, c’est la vie.
Trouvez la liste de course qui vous emmène au-delà de vos espoirs, en la faisant évoluer au fur et à mesure de vos expériences, techniques, physiques et morales. En vous retournant vous serez enchantés du chemin parcouru de votre évolution.
C’est quoi une "course en montagne" ?
Il est tentant a priori de penser que faire une course en montagne c’est se précipiter pour arriver le premier. Ce n’est pas vraiment le sens du vocable "course en montagne".
Aller en montagne nécessite bien sûr de "tenir un horaire" afin d’arriver avant la nuit en vallée, au refuge, de sortir des zones exposées ou risquées avant qu’elle ne deviennent dégradées par la chaleur ou les mauvaises conditions météo, par exemple. mais aussi par votre fatigue physique ou morale.
Mais pas que !
Pensez au latin "cursus". Un cursus c’est le développement d’un processus au cours du temps qui nous déplace. Une course, c’est donc aussi et simplement la notion de déplacement d’un point à un autre : la course du soleil, des étoiles. Et les astres ne font pas la course, il vont à la même vitesse en permanence (à notre échelle).
Notre course en montagne, c’est l’action de se déplacer d’un point à un autre dans l’espace naturel de la haute montagne, ou d’une falaise. D’un paysage. Faire une course en montagne, c’est aussi cela, s’inscrire comme objet se déplaçant dans un paysage, et finalement s’y intégrer. Mais nous dérivons là, non ?
La Liste de Course expérimentée sur France Inter : Le JT 13/14 du 9 janvier 2026 :
Le 9 janvier 2026, dans le journal de 13 heures de France Inter (Le 13/14 de France Inter), la journaliste Virginie Troussier nous parlé de la liste de course. Nous vous laissons à l’écoute. Et ses mots trahissent son expérience, elle sait de quoi elle parle. Lien ci-dessous vers le podcast de France Inter.
Le débrief : Mettre par écrit votre liste de courses d’alpiniste ou de grimpeur
La journaliste Virginie Troussier à évoqué la dépose par écrit de sa liste de course, et d’en retenir de petit textes. Faites avec nous votre liste de courses, nous vous conseillons à construire vos projets, et nous vous donnons à la fin de votre premier séjour un petit livret dans lequel vous pourrez noter vos réalisations. 100 pages, pour 100 courses ! C’est déjà un bon début...
Vous y noterez le nom du sommet et la voie d’accès , la date bien sûr ; mais aussi quelques souvenirs comme le temps qu’il faisait, l’identification de vos compagnons, le niveau et tutti quanti ! Ce sera votre mémoire d’alpiniste, et de grimpeur, car vous pourrez aussi y laisser vos impressions, ce que votre coeur vous en a dit.
Le débrief : De belles courses évoquées sur France Inter
La journaliste ne s’y est pas trompée. Elle a cité de belles ascensions en montagne, des choses qui marquent la vie d’un alpiniste :
La Grande Ruine, "le plus beau panorama des Ecrins" de Gaston rébuffat.
Le Doigt de Dieu, qui est le Pic Central de la Meije.
L’Arête des Cinéastes la bien nommée, au-dessus du refuge du Glacier Blanc.
Ce n’est aucunement un hasard si ces "courses en montagne" à l’esthétique si forte ont retenu l’attention de la journaliste Virginie Troussier, et sont à notre programme :
– La grande Ruine en 3 jours
– La grande Ruine en une semaine
– L’Arête des Cinéastes
– Le Doigt de Dieu
De la neige, de la glace, du rocher. La trilogie "Glace, neige et roc de Gaston Rébuffat.
Documentation : la liste de courses à présenter pour être candidat à l’examen d’entrée en formation d’aspirant guide
Cette liste de course est celle exigée en 2025 par l’ENSA. Elle peut évoluer ! Cela vous donne une idée des compétences requises avant de pouvoir entrer en formation.
- .1 15 courses d’alpinisme en haute montagne
Définition d’une course d’alpinisme : course rocheuse, neigeuse, d’arête ou mixte qui nécessite la mise en place de plusieurs techniques de progression et la pose de protection.
- Une devra nécessiter un bivouac en paroi ou sur arête.
- Six sont des courses aboutissent à un sommet de plus de 4000 m et de difficulté D- minimum (les sommets de la Meije, de l’Ailefroide et du Pic sans nom sont acceptés).
- Cinq de ces courses doivent faire 500 m de dénivelé minimum et de difficulté D- minimum avec un départ à plus de 2300 m (2000 m pour la chaîne des Pyrénées).
- Quatre de ces courses doivent faire 500 m de dénivelé minimum et de difficulté AD minimum avec un départ à plus de 2300 m (2000 m pour la chaîne des Pyrénees).
- .2 12 courses de rocher
Ces voies sont en terrain d’aventure, elles nécessitent de placer la plupart des protections.
- Une course avec au moins une longueur d’A1.
- Cinq courses dans un massif calcaire, 200 m de hauteur minimum et TD+ minimum.
- Six courses de 350 m de hauteur minimum, TD minimum et démarrant à plus de 2500 m d’altitude (2000 m pour la chaîne des Pyrénées)
- Trois de ces 6 courses doivent sortir à plus de 3200 m d’altitude (3000 m pour le massif des Pyrénées)
- Les voies de l’aiguille de la Dibona ne seront pas acceptées
- Une seule voie à la 1ère pointe des Nantillons sera acceptée
- .3 10 courses de neige/glace
- Deux courses sont de niveau TD minimum et 500 m de dénivelé minimum.
- Cinq courses sont de niveau D minimum et 500 m de dénivelé minimum.
- Trois courses sont de niveau AD minimum et de 500 m de dénivelé minimum.
- Six courses doivent présenter un accès et/ou un retour en terrain glaciaire.
- Six courses doivent présenter un itinéraire de descente différent de celui de la montée.
- L’itinéraire de descente doit être spécifié pour chaque course
- Le couloir nord-ouest du grand Van dans le massif du Taillefer n’est pas accepté
- Au Mont-Blanc du Tacul, pour les voies “Gabarrou-Albinoni” et “Modica-Noury”, une seule de ces deux courses sera acceptée
- Une même course ne peut être présentée dans deux rubriques différentes. (Ex : la montée par la voie nord/nord-est des Courtes comptera, soit en “neige et glace” soit en “ski de montagne”)
- .4 15 courses de ski de montagne
- Toutes ces courses font plus de 1300 m de dénivelé positif
- Un raid itinérant de 3 jours minimum, les étapes devront faire 1300 m de dénivelé positif minimum. Les nuitées sont consécutives et ont lieu dans des refuges différents à chaque fois. Ce raid ne compte que pour une seule des 15 courses à renseigner
- Cinq courses nécessitant la mise en œuvre de techniques d’alpinisme (course d’arête, remontée de couloirs, rappels...)
- Sept courses empruntent un terrain glaciaire
- .5 3 cascades de glace
- Grade 5 et 150 mètres minimum.


